Fenne Lily quitte l'Angleterre pour Brooklyn et en ramène Win Win, dix chansons de rupture qui finissent par sourire

Il y a des albums qu'on écoute distraitement et d'autres qui vous attrapent au deuxième morceau sans prévenir. Win Win, le quatrième disque de Fenne Lily, fait clairement partie de la seconde catégorie.
La chanteuse anglaise a grandi dans le Dorset, cette campagne verte du sud-ouest de l'Angleterre, avant de tout plaquer pour New York. Elle vit maintenant à Brooklyn, et ça s'entend. Win Win raconte une rupture, celle où tout vous ramène à l'autre, où le moindre objet, la moindre rue devient un rappel un peu cruel. Sauf que voilà, ses nouveaux amis new-yorkais n'ont jamais connu la version amoureuse d'elle. Ils ne peuvent pas mesurer ce qu'elle a perdu. C'est de ce décalage que naît le disque.
Dix titres, pas un de plus. De la folk-pop douce, feutrée, qui ne cherche jamais à en faire trop. Fenne Lily chante bas, presque à l'oreille, et laisse les guitares respirer. On pense parfois à Phoebe Bridgers, parfois à une version plus apaisée d'elle-même. Son album précédent, Big Picture, remonte à trois ans déjà, et on sent le chemin parcouru depuis.

En attendant que Win Win arrive en vinyle, son album précédent Big Picture mérite déjà une place sur la platine.
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Ce qui frappe, c'est le ton. Win Win n'est pas un disque de chagrin qui s'apitoie. La rupture est là, bien présente, mais le fil qui traverse les chansons, c'est plutôt l'acceptation, puis cette drôle de sensation de retomber amoureuse de quelqu'un d'autre. La presse anglo-saxonne a plutôt bien accueilli l'album, et pour une fois on comprend pourquoi. L'écriture est précise, les images marquent, et il y a cette chaleur qui finit par gagner.
C'est un album d'automne, typiquement. Le genre qu'on met un dimanche gris, un café à la main, quand on a besoin d'un truc qui console sans vous enfoncer. Pas de tube calibré pour les playlists, pas d'esbroufe. Juste une voix, des mélodies qui s'installent doucement et finissent par ne plus vouloir partir.
Si vous aimez la folk intime, celle qui parle tout bas de choses pas si petites, Win Win mérite vraiment une écoute attentive. De préférence en entier, dans l'ordre, comme un carnet qu'on feuillette. Fenne Lily avance, laisse une histoire derrière elle et en commence une autre. Et nous, du coup, on la suit avec plaisir.
Crédit photo : Fenne Lily / Nettwerk
