Oubliez le vieux Scrooge grincheux mais finalement attendrissant des adaptations de votre enfance. Celui que Ti West met en scène dans Ebenezer: A Christmas Carol, à partir du 11 novembre dans nos salles, a visiblement décidé de jouer la carte de l'épouvante jusqu'au bout.

Le réalisateur, on le connaît pour sa trilogie horrifique X, Pearl et MaXXXine, tournée avec Mia Goth. Autant dire qu'il n'arrive pas là par hasard. Son pari, c'est que l'histoire de Dickens, publiée en 1843, était déjà un récit de fantômes avant d'être un conte moral. Un vieil avare visité en une nuit par trois spectres, traîné de force dans son passé, son présent et son avenir: raconté comme ça, c'est effectivement plus proche du film de maison hantée que du téléfilm du 24 décembre.

Dans le rôle-titre, Johnny Depp. Et c'est là que ça devient intéressant, parce que c'est son premier vrai film de studio hollywoodien depuis environ huit ans. Son retour était attendu, et il a choisi un terrain balisé pour le faire. Sous les couches de maquillage, de rides et de crasse victorienne, on le reconnaît à peine, et c'est sans doute le but.

Contenu externe hébergé par m.media-amazon.com.

Ouvrir sur le site source

Avant d'aller voir la version horrifique, (re)lire le classique de Dickens ne fait jamais de mal :

Un chant de Noël (Dickens, éd. illustrée) → voir sur Amazon

Lien affilié Amazon

Le scénario est signé Nathaniel Halpern, qu'on avait croisé du côté des séries Legion et Tales from the Loop, plutôt doué pour l'étrange mélancolique. Autour de Depp, on retrouve notamment Rupert Grint, le Ron de Harry Potter devenu un habitué des rôles inquiétants. Les bandes-annonces diffusées cet automne annoncent la couleur: fantômes franchement flippants, Scrooge enterré vivant, brouillard londonien à couper au couteau. On est loin des clochettes et du pudding.

Est-ce que ça tient la route, ou est-ce juste une relecture gothique de plus pour surfer sur la mode du Noël qui fait peur ? Difficile à dire avant de l'avoir vu. Mais sur le papier, l'idée d'un Dickens assumé comme film d'horreur a quelque chose de malin, et le casting donne envie d'y croire.

Si vous aimez les contes de Noël qui grattent plutôt que ceux qui réchauffent, celui-là est clairement pour vous. Les familles avec jeunes enfants, par contre, feraient mieux de ressortir le dessin animé habituel. Rendez-vous mi-novembre pour voir si Ti West a réussi son coup, ou s'il a juste collé des spectres sur un classique qui n'en demandait pas tant.

Crédit photo : Paramount Pictures