On le regarde souvent de haut, le ski de fond. Pas assez de vitesse, pas de sensations fortes, pas de télésiège pour frimer. L'affaire des retraités en combinaison fluo qui glissent tranquillement entre deux sapins. C'est une belle erreur.
Parce que sur le papier comme dans les faits, c'est l'une des activités les plus énergivores qui soient. Comptez entre 400 et 600 calories pour une heure à rythme normal, et jusqu'à 1000 si vous poussez un peu. La course à pied, à côté, fait pâle figure. Et pour cause: ici tout le corps bosse en même temps. Les jambes et les fessiers pour la poussée, les bras, les épaules et le dos pour les bâtons, les abdos pour tenir l'équilibre. Vous ne musclez pas une zone, vous les prenez toutes d'un coup.
Le plus beau, c'est que ça ne tape jamais sur les articulations. La glisse absorbe le choc que votre genou encaisse à chaque foulée quand vous courez sur le bitume. Résultat, le ski de fond convient aux personnes en surpoids, aux sportifs plus âgés, aux reprises après une blessure. Là où un semi-marathon vous laisse les tibias en compote, une sortie en skis vous épuise les muscles sans jamais cogner l'os.
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Côté cardio, c'est du sérieux. Les fondeurs de haut niveau affichent parmi les meilleurs VO2max du sport mondial, devant la plupart des coureurs et des cyclistes. Autrement dit, votre cœur et vos poumons apprennent à carburer à l'oxygène comme rarement ailleurs. Quelques semaines de pratique régulière et vous sentez la différence dans les escaliers.
Reste la question qui fâche: est-ce que c'est dur à apprendre? Honnêtement, moins qu'on ne le croit. Le style classique, celui où l'on avance dans deux rails déjà tracés, se maîtrise en une après-midi. Pas de descente vertigineuse, pas de chute à vingt à l'heure. Vous glissez, vous respirez, vous regardez le paysage blanc défiler. Le skating, plus technique, viendra plus tard si l'envie vous prend.
À l'approche de l'hiver, c'est le moment de regarder du côté des stations nordiques plutôt que des grosses usines à forfaits. Souvent moins chères, moins bondées, et bien plus reposantes pour la tête. Un bon moyen de bouger sérieusement sans avoir l'impression de souffrir. Et ça, à mon avis, ça vaut tous les tapis de course du monde.
Crédit photo : Illustration générée par IA


