Six ans qu'on n'avait plus de nouvelles d'Elly Jackson. La Roux, pour ceux qui auraient oublié, c'était cette crête rousse et cette voix haut perchée qui ont squatté les radios en 2009 avec Bulletproof et In for the Kill. Un premier album synth-pop qui lui a valu un Grammy et l'étiquette un peu encombrante de révélation de l'année. Depuis, elle a pris son temps. Beaucoup de temps.

Trouble in Paradise en 2014, Supervision en 2020, et puis plus rien. Le 6 novembre, elle ressort enfin de son silence avec Old Flames, son quatrième disque, chez Vertigo et Universal.

Le titre dit déjà tout. Vieilles flammes, vieilles histoires. Jackson a tout écrit, composé, produit et arrangé elle-même, dans son coin, et elle en a fait un album de rupture au sens large. Pas seulement la fin d'une relation de dix-sept ans, qui irrigue pourtant une bonne partie des chansons. Elle y parle aussi d'amours impossibles, de l'isolement qui vient avec l'addiction, de la difficulté à vivre sa sexualité et son identité quand des milliers de gens vous regardent. Elle présente le disque comme un adieu à ses vieilles manières d'aimer, de vivre et de faire de la musique. Programme chargé.

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En attendant Old Flames, le premier album qui l'a revelee reste la meilleure porte d'entree dans son univers synth-pop.

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Le premier extrait, Cabin Fever, donne le ton. On y retrouve ses synthés années 80 et ce chant qui grimpe dans les aigus, mais avec quelque chose de plus posé, de moins pressé de plaire. Onze titres au total, de l'intro qui porte le nom de l'album jusqu'à la chanson-titre qui le referme, en passant par Falling, Your Lover ou I Just Keep Crying. Rien que les intitulés racontent une histoire.

Ce qui frappe, c'est qu'elle n'essaie pas de refaire 2009. Elle aurait pu, le filon de la nostalgie synthpop marche très fort en ce moment. Elle préfère raconter où elle en est, à presque quarante ans, après avoir disparu des radars. C'est plus intime, forcément moins immédiat qu'un tube d'été, et c'est tant mieux.

Pour qui, du coup ? Pour celles et ceux qui ont usé le premier album et qui ont envie d'entendre ce que devient une artiste quand elle arrête de courir après le succès. Pour les amateurs de synth-pop mélancolique aussi, à écouter un casque sur les oreilles un soir d'automne. On la croyait partie pour de bon. Elle revient par la petite porte, et c'est la bonne.

Crédit photo : Clash Music