Je ne suis pas intéressée par la politique, est-ce grave ?
Ne pas s’intéresser à la politique est souvent perçu comme un manque de conscience citoyenne, voire comme une forme d’indifférence coupable. Pourtant, cette affirmation mérite d’être questionnée. Est-ce vraiment grave de ne pas suivre les débats parlementaires ou de ne pas connaître le nom des ministres ? Et peut-on vivre une vie pleinement engagée sans forcément se passionner pour la chose publique ? Voici quelques éléments pour mieux comprendre ce que cela implique — et pourquoi ce n’est pas forcément un problème.
Un désintérêt parfois légitime
Tout le monde n’a pas le luxe, le temps ou l’énergie de suivre l’actualité politique. Entre le travail, la famille, les études ou les préoccupations personnelles, il est facile de reléguer les affaires publiques au second plan. À cela s’ajoutent la complexité des débats, le jargon politique, les polémiques incessantes, et parfois le sentiment que « tout est joué d’avance ». Face à cette saturation ou à ce découragement, le désintérêt peut être une réaction de protection plus qu’un réel désengagement. Ce n’est pas une faute morale, c’est une posture compréhensible.
L’illusion de la neutralité
Cependant, ne pas s’intéresser à la politique ne signifie pas que la politique ne s’intéresse pas à vous. Les décisions politiques influencent directement notre quotidien : prix des transports, accès aux soins, droits du travail, environnement, éducation… Même si on ne suit pas les actualités, on vit dans un monde façonné par des choix collectifs. Dire « je ne fais pas de politique » revient donc parfois à laisser les autres décider pour soi. Cela ne fait pas de vous une mauvaise citoyenne, mais cela peut renforcer un certain déséquilibre démocratique, où seuls les plus actifs pèsent dans la balance.
S’engager autrement
S’intéresser à la politique ne veut pas forcément dire regarder les débats télévisés ou militer dans un parti. C’est aussi s’interroger sur des sujets de société, écouter les témoignages de personnes concernées, faire attention à ses choix de consommation, ou encore participer à une association locale. On peut être profondément engagé sans jamais évoquer les noms des ministres en place. Ce qui compte, c’est la conscience des enjeux, et la volonté, même minime, d’y réfléchir.
Des pistes pour s’y mettre doucement
Si vous ressentez une forme de culpabilité ou de frustration liée à votre éloignement de la politique, commencez par de petits pas. Écoutez un podcast vulgarisé comme Splash, Le Code a changé ou Les Couilles sur la table pour aborder les questions politiques à travers le prisme du quotidien. Suivez un ou deux comptes Instagram ou TikTok qui décryptent l’actualité avec pédagogie. Ou lisez simplement une newsletter hebdomadaire bien construite comme Brief.me ou La newsletter du Monde. L’idée n’est pas de devenir experte du jour au lendemain, mais de nourrir un peu plus chaque semaine votre compréhension du monde.
Ne pas s’intéresser à la politique n’est pas un crime, ni une preuve d’ignorance. C’est souvent une posture légitime face à un système perçu comme complexe, voire excluant. Mais quelques efforts simples peuvent aider à s’y reconnecter sans se perdre dans les querelles idéologiques. Et qui sait ? Vous pourriez y prendre goût.